CAN : Terrariophilie
L'ensemble des tortues marines se divise en deux familles: les Cheloniidae, 7 espèces, et les Dermochelyidae, 1 espèce. Ces espèces se distinguent les unes des autres par leur alimentation, le choix de leur plage de nidification, leurs déplacement plus ou moins loin des côtes, ainsi que certaines de leurs caractéristiques physiques et comportementales.
Elles ne se rendent à terre que pour pondre. Elles creusent une large dépression avec leurs pattes antérieures, puis, au centre, elles creusent délicatement avec leur pattes postérieures un trou d'une trentaine de centimètres, le nid. Après l'avoir humidifié, elles y pondent de 12 à 200 oeufs selon l'espèce, la taille et l'âge de la femelle. Puis elles recouvrent le tout soigneusement, aplanissent et pressent la surface pour effacer toute trace de leur passage et retournent en mer. Cela aura duré à peu près deux heures. Environ deux mois plus tard, les petits naîtront, la nuit, tous ensemble, et se précipiteront vers la mer...
Portraits de ces habitantes de nos mers et de nos océans...
- Répartition : se trouve presque partout où la température de l'eau dépasse 20° C ( au nord jusqu'à l'Irlande, au sud jusqu'en Argentine ).
-Taille : elle mesure jusqu'à 140 cm, pèse de 300 à 400 kg.
-Aspect : sa carapace est cordiforme ( en forme de cœur ), de couleur vert olive ou brun verdâtre, marbrée ou striée de sombre. Les mâles ont une queue très longue, large et préhensile, avec une extrémité kératinisée et leurs griffes sont plus longues que celles des femelles.
-Régime : elle est carnivore puis herbivore, broute les prairies sous-marines. La digestion de la cellulose des plantes par la microflore de son gros intestin est comparable à celle des ruminants.
-Reproduction : les accouplements durent parfois jusqu'à six heures et un seul suffira pour féconder toutes les pontes de la saison ( jusqu'à cinq ). La femelle pond de 85 à 200 oeufs.
-Remarques : cette espèce est la seule des marines à sortir de l'eau pour se thermoréguler sur les plages, la seule donc où les mâles sortent aussi de l'eau. D'un naturel très doux, elles peuvent mordre une fois attrapées.
-Répartition : vit à l'Est de l'Océan Pacifique.
-Taille : longtemps considérée comme une sous-espèce de Chelonia mydas, elle est considérablement plus petite.
-Régime : omnivore.
-Reproduction : elle pond environ 80 oeufs par ponte sur les sites de reproduction des Galapagos.
-Répartition : se trouve un peu partout, même dans les eaux très froides, comme au sud de la Norvège.
-Taille : elle mesure 2m de long et pèse de 100 à 150 kg. Un jeune de 3 ans mesure déjà 50 cm pour un poids de 15 kg.
-Aspect : Sa carapace, brun rouge à olivâtre, devient de plus en plus lisse avec l'âge. La tête est grosse, avec des narines légèrement proéminentes. Chaque patte a deux griffes.
-Régime : elle mange des crustacés, mollusques, poissons, échinodermes et parfois des herbes marines et des algues.
-Reproduction : elle pond jusqu'à sept fois par saison, 200 oeufs. En fait, elle se rend parfois plusieurs fois à terre avant de pondre, et creuse même parfois plusieurs trous, toujours à environ 50 m de la ligne de brisement des vagues, avant de se décider. Lorsqu'elle pond, les oeufs peuvent tomber un par un ou deux par deux.
-Remarques : elle peut garder une température interne supérieure à la température ambiante. Elle hiberne parfois, inerte sur le fond ou flottant en surface. Craintive et peureuse, si elle est dérangée alors qu'elle est en train de creuser un nid, elle repart rapidement. En Floride, le plus grand prédateur des oeufs est le raton-laveur.
-Répartition : largement répandue dans toutes les mers du globe, l'Océan Atlantique, Indien, Pacifique.
-Taille : elle mesure 90 cm, pour 60 kg.
-Aspect : elle a une carapace cordiforme, avec une pointe assez marquée. Les plaques de la dossière sont imbriquées comme les tuiles d'un toit (d'où son nom), mais cela s'efface avec l'âge.
-Régime : elle est herbivore puis omnivore (elle mange invertébrés, céphalopodes, éponges, oursins, crabes, coraux...)
-Reproduction : les mâles poursuivent très longtemps les femelles, même jusqu'au bord de la plage. Les femelles aiment pondre dans les plages isolées, bordées de végétation, où elles peuvent se cacher. Elles pondent parfois en plein jour, 50 à 200 oeufs, une fois tous les trois ans.
-Remarques : les jeunes sont souvent consommés par les crabes fantômes, tandis que les chiens et les porcs sauvages détruisent souvent les nids.
-Répartition : se trouve dans le Nord de l'Australie.
-Taille : mesure 1 m, pèse 80 kg.
-Aspect : la dossière est très plate, toute la carapace des adultes est recouverte d'une peau assez épaisse et visqueuse au toucher. Les bords des mâchoires sont dentelés latéralement.
-Régime : elle mange des concombres de mer, des crustacés (crevettes) et des invertébrés.
-Reproduction : elle pond de 50 à 78 oeufs, souvent de jour, parfois sur les mêmes plages que Caretta caretta, mais ses nouveaux-nés sont plus grands, presque deux fois la taille de ceux de cette dernière. En conséquent, les jeunes ne sont pas entraînés par les crabes pour se faire manger car ils sont trop gros.
-Remarques : elle se chauffe parfois longuement au soleil en se laissant flotter Ă la surface. Il n'est pas rare alors de voir des oiseaux se poser sur sa carapace.
-Répartition : Océan atlantique Ouest.
-Taille : c'est la plus petite des torutes marines: 60 Ă 75 cm, pour 45 kg.
-Aspect : sa carapace est cordiforme, avec un aspect bossu ( assez haute sur la partie antérieure ). Les adultes sont plus larges que longs.
-Régime : elle chasse sur les fonds vaseux crabes, gastéropodes, mollusques, méduses, oursins, poissons et, sans doute par accident, de l'herbe marine et des algues.
-Reproduction : les mâles sont très actifs durant l'accouplement, on en a déjà vus suivre une femelle hors de l'eau pour tenter de s'accoupler avec elle. La femelle pond, de jour, 80 à 140 oeufs, et ce deux à trois fois par saison. Parfois certaines femelles détruisent les pontes de certaines autres. Les coyotes et les hommes sont les principaux prédateurs des oeufs.
-Remarques : on en rencontre parfois qui ont été blessées par des requins. Cette tortue a un tempérament acariâtre, voire agressif. Dérangée, elle peut mordre vigoureusement.
-Répartition: répartition mondiale, on la rencontre surtout dans les eaux tropicales des Océans Atlantiques, Pacifique, Indien.
-Taille : 75 cm pour 45 kg.
-Aspect : carapace cordiforme.
-Régime : elle mange crustacés, oursins, poissons, mollusques, méduses, herbe marine, algues.
-Reproduction : cette espèce pond souvent isolément mais parfois aussi par "arribada" (des milliers de femelles viennent pondre en même temps) au Costa Rica, au Mexique, en Inde. Les femelles pondent trois fois par saison, de 30 à 170 oeufs. Pour tasser le sable après la ponte, elles frappent le sol avec toute leur carapace. Les nouveaux-nés passent 2 ou 3 jours dans le sable avant d’émerger vraiment à l’air libre.
-Remarques : en Inde, sa viande est beaucoup consommée, au mépris des lois de protection.
-Répartition : elle est largement répandue, car elle ne craint pas les eaux froides.
-Taille : elle fait 2 m de long, 3 m de large, et pèse plus de 500 kg.
-Aspect : elle est la seule à avoir une pseudo-carapace (formée d’un tissu riche en cellules adipeuses où sont inclus des nodules osseux en forme d’étoiles) recouverte d’une peau lisse et brillante rappelant le cuir. Elle a un long éperon supracaudal qui a contribué à la faire ressembler au luth (d’où son nom français). Sa tête est énorme avec deux encoches sur son bec supérieur. La cavité buccale, à l’intérieur, a des tubercules coniques utiles au nourrissage et à l’oxygénation.
-Régime : elle est omnivore mais mange surtout des méduses, ce qui cause sa perte car la mer est souvent polluée par des sacs en plastique que la tortue prend pour des méduses. Elle les avale et meurt par occlusion gastrique ou intestinale.
-Reproduction : ponte commencée, elle ne montre aucun signe de stress ou d’agressivité. Les jeunes sont souvent victimes des crabes, des vautours, des chiens errants, etc...
-Remarques: il est déjà arrivé que certaines de ces tortues renversent des chaloupes car elles sont très fortes et sont de formidables nageuses. Parfois elles émettent des cris étranges: des ronflements, des gémissements et des rugissements complexes, signes d’une vocalisation primitive.
Ainsi, on se rend bien compte que chaque espèce de tortue marine a des besoins et des comportements spécifiques. Certains pensent peut-être qu’il ne relève pas de la terrariophilie de s’occuper des tortues marines, mais il ne faut pas oublier que celles-ci sont aussi des reptiles, au même titre que l’iguane marin par exemple. De plus, je pense que le terrariophile est avant tout un médiateur entre reptiles et humains, aussi l’avenir de tout reptile l’intéresse, même s’il est à des milliers de kilomètres et qu’il reste inféodé aux milieux marins.
A. Meyer
-V. Ferri, Le grand livre des tortues terrestres et aquatiques, Ed. de Vecchi, Paris, 1990.
-F. Bonin, B. Devaux, A. Dupré, Toutes les tortues du monde, Delachaux et niestlé, Paris, 1998.
-V. Ferri, Guide des tortues, Delachaux et niestlé, Paris, 2000.
-H. Dauner, Tortues terrestres et aquatiques, Ed. de Vecchi, Paris, 1988