Haplotaxodon Microlepsis (boulenger , 1906)
Par Denis JEANDEL

Nom indigène Kalikumkumi à Tembwe, Lukoko à Kolobo
( Tembwe et Kolobo sont tous deux situés au Congo et distant d’environ 170 km )
Description
Haplotaxodon Microlepsis a une taille maximale de 26 cm. L’allure générale est imposante. Le corps est assez haut dans sa partie antérieure, la tête argentée est de taille importante avec un museau court, les lèvres sont orangé, l’œil est grand, situé nettement dans la partie supérieure de la tête. La mâchoire à une orientation verticale avec une proéminence du maxillaire inférieur. Les dents sont coniques légèrement orientées vers l’intérieur.
La nageoire dorsale prend naissance dans la partie la plus haute du corps pour se terminer dans le 1/3 inférieur, transparente, bordée d’un fin liseré jaunâtre, elle contient de nombreuses taches claires arrondies. La nageoire pectorale est longue et filamenteuse chez le mâle.
Coloration
Mis sous un éclairage important, H . Microlepsis n’a pas une coloration chatoyante. La région dorsale est brunâtre, le corps est clair, argenté.
Deux taches foncées sont bien visibles, plus prononcées chez le mâle; la première est operculaire, dans sa partie antérieure on note une coloration orangé, la seconde est située juste avant la nageoire pectorale. Une ligne latérale foncée traverse le milieu du corps, elle part de la tache operculaire et s’arrête peu avant la tache pectorale.
Sous un éclairage tamisé, la zone argentée apparaît bleuté juste au dessus de la ligne latérale, on note dans cette zone de fines bandes longitudinales jaunâtres. En phase d’excitation ou de stress 4 petites bandes foncées transversales apparaissent au dessus de la ligne latérale.
Habitat
H . microlepsis est une espèce lacustre des fonds rocheux à profondeur moyenne ( 10 m ). On le rencontre en compagnie de C . Frontosa ( POLL ). L’espèce semble fréquente.
Reproduction
H . Microlepsis est incubateur buccal bi-parental, la reproduction n’est pas signalée en aquarium.
Maintien
Seuls des individus sauvages souvent de taille supérieure à 12 cm sont commercialisés.
J’ai acheté 4 spécimens en 1999 ( 3 mâles et 1 femelle ) tous de taille
comprise entre 18 et 22 cm. L’adaptation fût assez délicate car les poissons
refusaient de se nourrir. Ayant lu dans la littérature que H . Microlepsis se
nourrissait entre autre de jeunes Stolothrissa, j’eus l’idée de mettre dans le
bac d’acclimatation des jeunes L . Tanganicanus , une nourriture vivante
présente en permanence fut bénéfique et les H . Mirolepsis commencèrent à manger
petit à petit et acceptèrent finalement les propositions traditionnelles :
artémia, mysis, krill et même plus tardivement les paillettes.
Le second problème à gérer fut le stress . H . Microlepsis est très craintif,
un peu comme B . Tricoti mais si ce dernier devient moins timide, H .
Microlepsis semble garder un caractère farouche.
Ils furent placés dans un bac en compagnie de C . Pavo , X . Lepelli, d’un
couple de Kungwensis, d'un couple de N.L Nigriventris et d’un couple d’ A .
Sumbu.
Le bac : 500 litres, avec un décor rocheux dans la partie gauche. Le substrat est un mélange de sable de Loire et de sable de corail. La filtration se fait sur mousse par exhausteur alimenté avec un surpresseur. Je fais un changement d'eau du 1/4 du volume du bac toutes les semaines. L'eau contient moins de 12 mg /l de nitrate, elle est douce mais l'adjonction de sels du Tanganyika permet de maintenir un équilibre.
Température 26°c, pH 8,6, 1300µS. L'éclairage est allumé de 7 h à 23 h, un seul tube gros lux qui donne un éclairage discret. distribution de nourriture deux fois par jour le matin et le soir.
Les Microlepsis sont bien visibles et l’éclairage très discret les rend magnifiquement bleutés.
Les H . Mirolepsis ne sont pas agressifs même envers les Cypri les plus
petits.
Ils restent groupés, il n’y a pas de querelle intra-spécifique et, hélas, pas de
comportement de reproduction.
En épluchant un peu la littérature, M . Poll en 1947, note dans les spécimens récoltés que les estomacs des H . Microlepsis présentent un élément important à signaler; " en plus de quelques poissons pélagiques du genre Stolothrissa, dans un cas, nous observons que l’estomac est bourré de copépodes ". J’ai donc distribué massivement des copépodes que les poissons apprécient vivement.
En mars 1999 la femelle est sombre, isolée du groupe, elle mourra quelques jours plus tard. L’observation clinique ne présente pas de symptomatologie évidente, le poisson refuse de se nourrir et la respiration est légèrement accélérée . L’observation de l’individu mort montrera un abcès de la zone postérieure de la cavité buccale .
Un ami possédant 2 Haplotaxodon les avait perdus pareillement. Il y a peut-être une sensibilité spécifique à l’espèce ?
En septembre 2000 le mâle le plus gros ( 24 cm ) est mort, le poisson a ‘gonflé’ un peu à la manière des Tropheus. Un traitement par administration avec une seringue à gavage de Métronidazol + huile de foie de morue n’a pas empêché la maladie de se développer.
Par précaution j’ai traité les deux autres spécimens de la même façon ( 2 traitements à 15 jours d’intervalle ) puis je les ai transférés dans un bacs de 1300 l en compagnie de poissons calmes ( 20 C . Tembwe , 5 X . Lepelli , 5 B . Tricoti et 9 G . Permaxillaris )
Les Tricoti sont appelés à rejoindre un bac de 600 l pour une tentative de reproduction après avoir lu l’excellent article sur le site de notre ami E . Genevelle .
Conclusion
C'est une espèce rare chez le commerçant mais ce problème écarté, le maintient et réellement passionnant et la réussite de la reproduction n'est pas à exclure. Il faudra bien sur, en plus de la reconstitution d'une partie du biotope, s'attacher à trouver l'équilibre alimentaire afin de mettre H .Microlepsis dans les meilleurs conditions possibles pour induire la ponte.