Apistogramma Hongsloi par Anthony CONRAD
Cette espèce a été décrite par Kullander en 1979 sur la base d’exemplaire originaire d’une petite lagune à proximité de Finca Boca de Guarrojo, dans le bassin de la rivière Guarrojo, dans l’état de Vichada en Colombie.Par la suite cette espèce a été collectée par Staeck en 1991 et 1992 au Vénézuela et en Colombie.
Apistogramma Hongloi femelle
Entre temps, on a vu apparaître un poisson nommé A. spec. "Rotstrich" qui ne semble finalement n’être qu’une forme très colorée de A. hongsloi. Ce poisson est d’ailleurs actuellement appelé A hongsloi "Red", "Form I" ou encore "Form II" suivant la proportion de pigments rouges sur les opercules et sur le pédoncule caudal et suivant l’importateur ou éleveur.
Cette espèce habite la partie centrale du bassin du Rio Orinoco, à la fois en Colombie et au Venezuela. Staeck, en 1991 et 1992, y a trouvé des eaux très acides et très douces (pH de 4 à 5.5 et conductivité de 10 ?S.cm-1. L’eau semblait également assez chaude puisque Staeck a relevé des températures de 26 à 30°C.
La forme rouge (ou "Rotstrich") est probablement l’une des plus belles formes d’Apistogramma. La tête est jaune doré, le reste du corps étant bleu gris à mauve suivant l’humeur. Sur le pédoncule caudal, on trouve une bande rouge vif qui se prolonge le long de la base de la nageoire anale. Celle ci est plus ou moins large et étendue sur les flancs suivant les individus et la nourriture distribuée. De même sur les joues, on retrouve des vermiculures rouge vif. Les pelviennes ainsi que la dorsale et anale possèdent de longs filaments blancs à jaunes.
Apistogramma Hongsloi mâle
Les femelles, grises dans un premier temps, prennent une coloration jaunâtre après quelques pontes avec bande latérale noire bien visible. Pendant qu’elles gardent leurs alevins, elles sont jaune citron. Bizarrement, mes femelles présentent une tête orangée alors que celle d’origine était entièrement jaune.
J’ai pu lire (Zenner, 1997) que la quantité de pigments rouges sur le corps a été facilement augmentée par une sélection rigoureuse et une nourriture principalement composée de Daphnie et d’Artemia.
Cette espèce se montre assez peu timide en aquarium mais peut être facilement dominée par une autre espèce un peu plus remuante. Chez moi, ils sont en bacs spécifiques où parfois sont placés des killies que je ne sais pas ou mettre. Bien évidemment si le bac est assez grand, une cohabitation avec des Characiformes est tout à fait envisageable.
La reproduction est très facile chez moi, sûrement parce que mon eau est très douce et acide (pH toujours inférieur à 6 et GH de 3-4°dGH). Cette espèce n’est pas particulièrement polygame mais il arrive aux mâles de pondre avec plusieurs femelles. Les alevins qui atteignent la nage libre environ 6-7 jours après la ponte sont nourris immédiatement de nauplii d’Artemia et de micro-vers jusqu’à ce qu’ils puissent être alimentés avec du congelé (Artemia, Daphnie, vers de vase). La croissance est "moyenne".
Apistogramma hongsloi, particulièrement ses formes rouges, est une très jolie espèce pas très difficile si l’on a la possibilité d’avoir de l’eau douce. Elle est encore malheureusement assez rare bien que depuis quelques temps elle ait fait son apparition dans certains magasins aquariophiles.
Références
* Linke H. & W. Staeck (1992) : Cichlidés américains I, espèces naines. Tetra Verlag, Melle : 201 p
* Staeck W. (1991) : Apistogramma-Arten Venezuelas : 4. Apistogramma hongsloi. DATZ 44 (1991), 9 : p 572-574
* Zenner L. (1997) : Der "rote Strich" bei Apistogramma cf hongsloi, dem Rotstrich Zwergbuntbarsche. Das Aquarium 31 (1997), 2 : p 24-28